96 399 dossiers de surendettement ont été déposés entre janvier et juillet 2026, soit près de 9 500 de plus que sur la même période de 2025. Derrière ce cumul, un second mécanisme touche bien plus de monde et se voit beaucoup moins : l'inscription au FICP, le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, qui ferme l'accès au crédit sans qu'aucun dossier n'ait jamais été déposé. Publié le 13 août 2026 par la Banque de France, le baromètre mensuel de l'inclusion financière chiffre les deux phénomènes, et ils ne vont pas dans le même sens.
13 461 dossiers déposés en juillet : où en est le surendettement
Le baromètre suit quatre indicateurs sur trois horizons : le mois écoulé, le cumul depuis janvier et les douze derniers mois glissants. Cette triple lecture évite de confondre un accident mensuel avec une tendance.
Une hausse qui décélère sans s'inverser
Le mois de juillet affiche 13 461 dépôts, en hausse de 2.7% sur un an. Rapporté aux +10.9% du cumul de janvier à juillet et aux +12.0% des douze mois glissants, l'écart est net : la progression ralentit nettement. Pour autant, elle ne s'inverse pas. Un mois isolé, exposé aux effets de calendrier et à la saisonnalité estivale, ne suffit pas à établir un retournement. La bonne lecture consiste à retenir la décélération et à attendre les publications suivantes pour la confirmer.
Près de 9 500 dossiers de plus qu'en 2025
Sur sept mois, le cumul atteint 96 399 dossiers contre environ 86 900 un an plus tôt. Cela représente un rythme moyen de près de 13 800 dépôts par mois. Un dossier n'équivaut pas à une personne : il couvre un ménage, parfois un couple avec enfants. Le nombre de personnes concernées dépasse donc largement celui des dossiers.
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Deux fichiers, deux trajectoires opposées
Le fait marquant du baromètre ne tient pas au surendettement, mais à l'écart entre les deux grands fichiers d'incidents tenus par la Banque de France. Ils mesurent des difficultés différentes, et ils divergent franchement.
- Le FICP enregistre 550 460 inscriptions sur les sept premiers mois de 2026, en hausse de 3.7%.
- Le FCC, fichier central des chèques, en compte 321 149, en recul de 13.0%. Le détail confirme le mouvement : les incidents sur chèque baissent de 13.2%, les retraits de carte bancaire de 12.0%.
Cependant, cette baisse du FCC ne se lit pas comme une amélioration de la santé financière des ménages. Elle accompagne vraisemblablement le reflux d'usage du chèque comme moyen de paiement : moins de chèques émis produit mécaniquement moins de chèques sans provision. Le baromètre ne se prononce pas sur les causes, et rien n'autorise à aller plus loin. En revanche, la conclusion pratique tient en une phrase : le fichier qui recule est celui qui bloque les moyens de paiement, celui qui progresse est celui qui bloque le crédit.
Un impayé suffit à déclencher le fichage, sans dossier de surendettement
C'est le chiffre le plus utile de la publication, et le moins commenté. En juillet 2026, le FICP a enregistré 72 884 inscriptions pour incident de paiement, contre 8 006 au titre d'une procédure de surendettement. Les deux motifs peuvent viser une même personne, mais le rapport de force entre eux ne laisse aucun doute.
Neuf inscriptions au FICP sur dix ne viennent pas d'un dossier de surendettement, mais d'un simple impayé de crédit.
Concrètement, un retard cumulé atteignant le montant des deux dernières échéances d'un crédit remboursable mensuellement suffit à caractériser l'incident, bien avant toute saisine de la commission. L'établissement doit alors prévenir l'emprunteur, qui dispose de 30 jours pour régulariser avant que l'inscription ne devienne effective. Une hospitalisation, un divorce, une fin de contrat : l'accident de vie précède presque toujours l'incident bancaire, et c'est précisément ce que couvre une assurance emprunteur correctement dimensionnée, notamment sur ses garanties incapacité et perte d'emploi.
Une précision de méthode s'impose enfin. Le baromètre dénombre des inscriptions, pas des personnes distinctes : une même personne peut connaître plusieurs incidents dans le mois. Les 934 408 inscriptions des douze derniers mois ne correspondent donc pas à 934 408 Français fichés.
Ce que le fichage change pour une demande de crédit
Un établissement prêteur consulte obligatoirement le FICP avant d'accorder un crédit. L'inscription ne relève pas d'une interdiction légale d'emprunter, mais en pratique elle conduit au refus dans la quasi-totalité des dossiers classiques.
Durée de l'inscription et sortie anticipée
La durée dépend du motif. Une inscription pour incident de paiement court jusqu'à cinq ans. Elle n'attend toutefois pas ce terme pour disparaître : la régularisation des sommes dues entraîne la radiation, à la demande de l'établissement qui a déclaré l'incident. Lorsque l'inscription découle d'une mesure de surendettement, sa durée suit celle du plan retenu, dans la limite de sept ans. Vérifier son inscription auprès de la Banque de France est gratuit et constitue le premier réflexe avant de déposer une demande de prêt.
Les options quand le dossier bute
Un refus lié au FICP ne referme pas toutes les portes, à condition de traiter la cause avant de redéposer un dossier.
- Le regroupement de crédits ramène plusieurs mensualités à une seule, allongée : il agit sur le taux d'effort avant que l'impayé ne survienne, ce qui suppose de l'engager tôt.
- Une perte d'emploi en cours de prêt se négocie mieux avec l'établissement qu'après un impayé constaté, par report d'échéances ou modulation.
- Le prêt hypothécaire adosse le financement à un bien immobilier détenu, ce qui déplace l'analyse du risque vers la garantie.
Dans tous les cas, l'ordre des démarches pèse davantage que le dossier lui-même : régulariser, faire radier, puis emprunter. Un courtier sait quels établissements acceptent d'instruire un dossier récemment radié, information que les grilles publiques ne donnent jamais.
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Droit au compte et demandes d'accompagnement : les deux signaux moins commentés
Deux derniers indicateurs évoluent en sens contraire. Les désignations de banque au titre du droit au compte reculent de 13.2% sur sept mois, à 11 924, avec une chute de 21.1% sur le seul mois de juillet. À l'inverse, les demandes d'information ou d'accompagnement adressées à la Banque de France progressent de 7.3%, à 1 336 368, par guichet, courrier, site internet ou via le numéro unique 3414. Autrement dit, moins de personnes ont besoin qu'une banque leur soit imposée d'office, mais davantage viennent chercher de l'information avant d'en arriver là.
Questions fréquentes sur le fichage et le surendettement
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