Le taux annuel effectif global (TAEG) mesure le coût réel d'un prêt : il ajoute aux intérêts les frais de dossier, la garantie et l'assurance. Une offre à 3.35% de taux nominal (le taux d'intérêt affiché) peut ainsi coûter moins cher qu'une offre à 3.20%. Sur un projet immobilier financé à crédit, c'est le TAEG qui départage les propositions, avec un écart qui se chiffre en milliers d'euros.
Qu'est-ce que le taux annuel effectif global ?
Le TAEG exprime le coût total du crédit en pourcentage annuel du montant emprunté. Sa définition figure aux articles L314-1 et suivants du Code de la consommation. Sa mention est obligatoire dans la publicité, l'offre de prêt et le contrat.
Tous les prêteurs appliquent la même méthode de calcul. Un crédit immobilier se compare donc sur son TAEG, et non sur son taux affiché, à montant et durée identiques.
Cinq dates résument son encadrement :
- 1966 : la loi sur l'usure crée le taux effectif global (TEG), ancêtre du TAEG ;
- 1993 : le TEG entre au Code de la consommation ;
- 2010 : la loi Lagarde impose le TAEG au crédit à la consommation ;
- 2016 : la transposition de la directive européenne sur le crédit immobilier généralise le TAEG à tous les crédits aux particuliers ;
- 2026 : à partir du 20 novembre, l'absence de TAEG est sanctionnée par une amende administrative.
La différence entre TAEG et taux nominal
Ce que couvre le taux nominal
Le taux nominal, ou taux débiteur, sert uniquement à calculer les intérêts du prêt. C'est le taux mis en avant dans les publicités, et il n'intègre aucun frais annexe.
Le TAEG est donc supérieur au taux nominal dès qu'un frais entre dans le calcul. Un TAEG égal au taux nominal supposerait un crédit sans assurance ni garantie, et sans frais de dossier, cas quasi inexistant en immobilier.
Exemple chiffré sur 250 000 €
Les deux offres ci-dessous portent sur 250 000 € empruntés sur 20 ans. Les frais de dossier et de garantie sont payés au déblocage des fonds, c'est-à-dire au versement du prêt.
L'offre A passe par une délégation d'assurance : l'emprunteur souscrit son assurance auprès d'un assureur externe. L'offre B retient le contrat groupe, l'assurance proposée par la banque elle-même. Dans les deux cas, la garantie prend la forme d'une caution : un organisme spécialisé s'engage à rembourser la banque si l'emprunteur fait défaut.
L'offre A affiche le taux nominal le plus élevé et le TAEG le plus bas : sur vingt ans, elle coûte 9 629 € de moins. L'écart vient de l'assurance, dont le taux s'applique chaque année au capital emprunté. Les 0.26 point qui séparent les deux contrats représentent 13 000 €, bien plus que les 4 571 € d'intérêts économisés avec l'offre B.
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Ce que comprend le TAEG
Les frais inclus
L'article R314-4 du Code de la consommation liste les éléments à intégrer :
- les intérêts du crédit ;
- les frais de dossier ;
- les frais versés à un intermédiaire, un courtier notamment, lorsque son intervention conditionne l'octroi du prêt ;
- les coûts d'assurance et de garantie exigés par la banque : caution, ou hypothèque (le bien acheté sert de gage au prêteur) ;
- les frais de tenue d'un compte bancaire imposé pour obtenir le crédit, et des moyens de paiement associés ;
- en immobilier, les frais d'évaluation du bien demandée par la banque.
Les frais exclus
Trois postes échappent au calcul :
- les frais de notaire, qui relèvent de l'acquisition et non du crédit ;
- les assurances facultatives, extensions de garanties et options diverses ;
- les pénalités de retard dues en cas d'impayé.
Un TAEG bas ne dit donc rien du coût global d'une acquisition. Il ignore aussi les clauses du contrat qui jouent en cours de prêt :
- les indemnités de remboursement anticipé, dues si le prêt est soldé avant son terme et plafonnées à six mois d'intérêts, dans la limite de 3% du capital restant dû ;
- la modularité, qui permet d'augmenter ou de réduire les mensualités en cours de prêt ;
- la transférabilité, qui permet de conserver le prêt pour financer un nouveau bien.
Deux offres au même TAEG ne se valent pas si une seule autorise le remboursement anticipé sans pénalité.
Comment se calcule le TAEG ?
Le principe de calcul
Le TAEG compare deux séries de sommes : le montant réellement versé à l'emprunteur d'un côté, l'ensemble des échéances et des frais qu'il paie de l'autre. C'est le taux annuel qui rend ces deux séries équivalentes, en tenant compte de la date de chaque paiement : un euro payé dans dix ans pèse moins qu'un euro payé aujourd'hui.
Le TAEG n'est donc pas la somme du taux d'intérêt et des frais, erreur la plus répandue. Des frais réglés au déblocage, dossier et garantie en tête, pèsent plus lourd que la même somme étalée sur vingt ans. Sur un prêt court, les mêmes frais fixes pèsent aussi davantage, car ils se répartissent sur moins d'années.
Le calcul exact passe par un tableau d'amortissement, l'échéancier qui détaille mois par mois les intérêts et le capital remboursés, ou par un simulateur alimenté avec tous les frais.
Financement à plusieurs prêts
Un financement immobilier combine souvent plusieurs prêts : prêt principal, prêt à taux zéro (PTZ), prêt employeur, prêt épargne logement. Chaque prêt a son propre TAEG, et les frais communs, la garantie en particulier, se répartissent entre eux.
Selon la règle de répartition retenue par la banque, le TAEG de chaque prêt change. Avant toute contestation, il faut donc demander au prêteur sa méthode de répartition : sans elle, aucune erreur ne peut être démontrée.
Quel TAEG viser en 2026 ?
Le taux d'usure, plafond légal
Le taux d'usure est le TAEG maximal autorisé par la loi : une banque ne peut pas accorder un prêt qui le dépasse. Un crédit devient usuraire lorsque son TAEG dépasse de plus d'un tiers le taux effectif moyen pratiqué au trimestre précédent. Ce taux effectif moyen correspond au TAEG moyen constaté par la Banque de France sur les prêts de même catégorie.
Les seuils sont calculés par la Banque de France et publiés au Journal officiel à la fin de chaque trimestre, pour le trimestre suivant. Ils varient selon le montant, la durée et le type de prêt, comme le montrent les seuils en vigueur du 1er juillet au 30 septembre 2026.
En 2023, face à la hausse rapide des taux, le seuil a été révisé chaque mois pour éviter le blocage de nombreux dossiers. La révision trimestrielle s'applique de nouveau depuis 2024.
Le taux à viser selon le profil
En septembre 2026, l'Observatoire Crédit Logement/CSA situe le taux nominal moyen sur 20 ans autour de 3.35%, en hausse. Les barèmes des courtiers réservent 3.05% à 3.20% aux meilleurs profils. Ce sont des moyennes constatées à une date donnée, pas des taux garantis.
Le TAEG correspondant ajoute à ces taux l'assurance, la garantie et les frais. À taux d'intérêt égal, une délégation d'assurance abaisse nettement le TAEG par rapport au contrat groupe. Les revenus les plus élevés obtiennent aussi les meilleures conditions, avec un écart qui atteint un demi-point sur 25 ans.
Trois repères situent une offre :
- TAEG proche du taux effectif moyen publié par la Banque de France : l'offre est dans le marché ;
- TAEG nettement au-dessus : il reste de la marge de négociation, à chercher d'abord sur l'assurance ;
- TAEG proche du seuil de l'usure : le dossier est fragile ou les frais trop élevés, et le prêt risque le refus.
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Comment faire baisser le TAEG ?
Les leviers, par impact décroissant :
- Délégation d'assurance emprunteur. Sur un prêt long, l'assurance de prêt représente une part importante du coût total : 18 000 € pour l'offre B de l'exemple. La loi Lemoine autorise à en changer à tout moment, sans frais, à garanties équivalentes.
- Caution plutôt qu'hypothèque. La caution coûte généralement moins cher au départ, l'hypothèque imposant des frais de notaire et d'inscription. Une partie de la somme versée à l'organisme de caution est souvent restituée en fin de prêt, ce que le TAEG ne reflète pas.
- Frais de dossier. Leur réduction est souvent la première concession accordée par une banque.
- Durée du prêt. Une durée plus courte abaisse le taux nominal mais concentre les frais fixes sur moins d'années : l'arbitrage se vérifie sur le TAEG.
- Apport et relation bancaire. Un apport plus élevé améliore le taux obtenu. Les produits annexes exigés en contrepartie, compte ou assurance, entrent dans le TAEG et peuvent annuler le gain.
- Recours à un courtier. Ses frais entrent dans le calcul : le gain obtenu doit donc dépasser son coût.
Le TAEG mesure un coût, pas un rendement. Sur un investissement locatif ou un achat à crédit de parts de société civile de placement immobilier (SCPI), les intérêts d'emprunt se déduisent des loyers imposables. Un prêt in fine, dont le capital est remboursé en une fois à l'échéance, maximise cette déduction malgré un TAEG souvent supérieur à celui d'un prêt amortissable, remboursé progressivement. Le TAEG le plus bas ne désigne donc pas toujours le financement le plus adapté.
Recours en cas de TAEG erroné ou usuraire
En cas de TAEG absent ou erroné, l'emprunteur peut saisir le tribunal judiciaire. La sanction n'a rien d'automatique : depuis l'ordonnance du 17 juillet 2019, le prêteur perd tout ou partie de ses intérêts, dans la proportion fixée par le juge. C'est la déchéance du droit aux intérêts. Les intérêts déjà perçus sont alors restitués ou déduits du capital restant dû.
Le régime change au 20 novembre 2026, avec la transposition de la directive européenne sur le crédit aux consommateurs. L'amende pénale, prononcée par un juge, laisse place à une amende administrative, infligée directement par l'administration : 150 000 € pour une personne physique, 750 000 € pour une personne morale (une entreprise), montant doublé en cas de récidive.
L'emprunteur dispose de 5 ans pour agir. Pour un emprunteur non professionnel, ce délai court du jour où il découvre l'erreur, et non de la signature : des prêts anciens restent donc contestables.
Toute action suppose de réunir :
- l'offre de prêt ;
- le contrat signé ;
- le tableau d'amortissement ;
- la méthode de répartition des frais, en cas de financement à plusieurs prêts.
Questions fréquentes sur le TAEG
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